- 11 Mai 2025
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Pourquoi doubler la rémunération des livreurs n'a pas augmenté leurs revenus à Seattle
À Seattle, une loi a doublé la rémunération de base des livreurs des plateformes. Mais une étude montre que leurs revenus mensuels n'ont presque pas bougé.
theconversation.com
Une réflexion intéressante sur le problème de la rémunération d'un travail à la tâche
La réflexion sur les livreurs de repas semble transposable aux vtc...
En relevant la rémunération minimale des livreurs des plateformes, Seattle voulait améliorer leurs conditions de travail. Mais dans un marché ouvert où chacun peut devenir livreur, les gains ont été absorbés par la concurrence et la baisse des commandes.
En étudiant l’évolution des revenus des livreurs après l’entrée en vigueur de cette règle concernant le paiement à Seattle, nous avons constaté que, malgré un salaire de base par livraison qui a à peu près doublé, leurs revenus mensuels totaux ont à peine changé. La concurrence entre livreurs pour obtenir des courses s’est intensifiée, tandis que les clients ont passé moins de commandes et laissé des pourboires moins élevés après l’entrée en vigueur de la mesure. Au final, ces effets combinés ont annulé presque tous les gains attendus.
les clients ont réagi en laissant des pourboires plus faibles.
Certaines plateformes sont allées plus loin : Uber Eats a même supprimé l’option permettant aux clients de Seattle de laisser un pourboire au moment du paiement. La baisse des pourboires a ainsi annulé plus d’un tiers de l’augmentation du salaire de base.
L’autre changement majeur est que les livreurs ont commencé à effectuer moins de livraisons. À partir du deuxième mois suivant l’entrée en vigueur de la mesure, les livreurs de Seattle qui étaient régulièrement actifs sur les applications avant la réforme ont réalisé environ 20 % à 30 % de livraisons mensuelles en moins que ce qu’ils auraient effectué sans cette politique.
Fait important : ces livreurs n’ont pas quitté les plateformes. Ils continuaient à se connecter et à travailler à peu près le même nombre d’heures. Mais ils recevaient simplement moins de propositions de livraison.
La part du temps passé sur l’application réellement consacrée à des livraisons payées a nettement diminué. Les temps d’attente entre deux missions ont augmenté d’environ cinq minutes, presque le double par rapport à la période précédant la réforme. Et les livreurs parcouraient davantage de distance entre deux courses, ce qui suggère qu’ils se dirigeaient activement vers des zones riches en restaurants pour trouver leur prochaine livraison, consommant plus d’essence sans être rémunérés pour ces kilomètres supplémentaires.
Si l’on met ces éléments bout à bout – une rémunération plus élevée par livraison, mais moins de livraisons et des pourboires plus faibles –, les effets s’annulent presque parfaitement. Après une légère hausse le premier mois, les revenus mensuels sont revenus à leur niveau d’avant la réforme.
Les livraisons sont réparties entre toutes les personnes connectées, et il n’existe pas de frontière nette entre avoir un travail et ne pas en avoir
Ce processus se poursuit jusqu’à ce que la hausse du paiement par tâche soit entièrement compensée par l’allongement des périodes sans travail rémunéré.
Tant que n’importe qui peut rejoindre la plateforme et commencer à se mettre en concurrence pour les livraisons, la garantie d’une rémunération plus élevée par course attirera davantage de livreurs, jusqu’à ce que cet avantage soit absorbé par l’allongement des temps d’attente entre deux missions
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