- 14 Décembre 2016
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- Localité
- Paris
- Véhicule
- Toyota Prius 4
L'Affaire Nessim Ramdan : Le Procès d'une Enfance Perdue et d'une "Mexicanisation" de la Violence

C’est un dossier qui donne le vertige, non seulement par sa violence, mais par l’âge de ses protagonistes. Le 10 février 2026 s'est ouvert à Paris un procès historique : celui d’un adolescent de 15 ans, accusé d'avoir froidement abattu un chauffeur VTC à Marseille alors qu'il n'avait que 14 ans. Entre narcotrafic, réseaux sociaux et faillite éducative, voici le récit d'un drame où la réalité dépasse la fiction la plus sombre.
Une nuit d'octobre 2024 : "Au mauvais endroit, au mauvais moment"
Tout commence dans la nuit du 4 octobre 2024, vers 5 heures du matin. Nessim Ramdan, 36 ans, est un père de trois enfants sans aucun lien avec le grand banditisme. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il cumule plusieurs emplois, dont celui de chauffeur pour la plateforme Bolt.
Cette nuit-là, il accepte une course qui semble ordinaire. Son passager ? Un adolescent de 14 ans. Mais ce n'est pas un client comme les autres.
Le jeune garçon a été recruté sur Snapchat par un détenu de la prison d'Aix-Luynes se revendiquant de la DZ Mafia.

La mission est terrifiante : exécuter un membre d'un clan rival pour venger la mort d'un autre mineur de 15 ans, poignardé 50 fois et brûlé vif quelques jours plus tôt. Pour ce "contrat", on a promis 30 000 euros à l'adolescent.
Le trajet vire au cauchemar. À bord du véhicule, un différend éclate. Le mineur demande plusieurs arrêts, ce que Nessim Ramdan refuse, pressentant peut-être le danger. Dans un geste d'une froideur inouïe, l'adolescent sort un Magnum 357 et tire une balle dans la tête (ou la nuque) du chauffeur. La voiture finit sa course contre le mur d'une école maternelle.


Une trahison venue de la prison
L'épilogue de cette nuit-là est presque surréaliste. Le commanditaire, furieux que le tueur se soit "trompé de cible" et n'ait pas rempli sa mission initiale, appelle lui-même la police depuis sa cellule pour dénoncer le jeune garçon et livrer sa position. Un acte illustrant un "sentiment d'impunité absolue" selon les observateurs.

Un profil psychologique qui glace le sang
Au cours de l'audience, le parcours de l'accusé a été disséqué. Placé en foyer dès l'âge de 9 ans, il est l'enfant de deux parents eux-mêmes impliqués dans des affaires de stupéfiants, de proxénétisme et de violence. Dès le début de l'année 2024, il confiait déjà à ses éducateurs son ambition macabre : « Je veux devenir tueur à gages ».
Pourtant, sa défense dépeint un autre visage. Son avocate, Me Eva Bensousan, insiste sur le fait qu'il reste un enfant, affirmant qu'il a évolué positivement en un an et demi de détention et qu'il commence à prendre conscience de l'horreur de son geste.

Le Procès : Entre justice et débat de société
Le procès se tient à huis clos devant le tribunal pour enfants de Paris.
C'est une affaire de première importance, car elle est la première gérée par le nouveau Parquet National Anti-Criminalité Organisée (PNACO), créé en janvier 2026 pour lutter contre la "mexicanisation" de la criminalité en France.

L'enjeu juridique majeur réside dans l'excuse de minorité. En raison de son âge au moment des faits (14 ans), l'accusé ne peut pas être condamné à la perpétuité. Il risque une peine maximale de 20 ans de réclusion. Cette disposition légale suscite une vive polémique politique, des personnalités comme Gérald Darmanin ou des membres du Rassemblement National plaidant pour sa suppression ou son abaissement dans les cas d'ultraviolence.
L'ombre d'une famille brisée
Derrière les débats juridiques, il y a la douleur de Mélanie, la veuve de Nessim. Elle décrit un homme qui a passé sa vie à protéger ses enfants de la violence marseillaise, pour finalement en devenir la victime. « Je suis terrorisée à l’idée du jour où ils comprendront réellement que leur père a été tué par un enfant à peine plus âgé qu’eux », a-t-elle confié, dévastée. Pour elle, aucune explication ne pourra jamais donner de sens à cet acte absurde.

Le verdict, attendu pour le jeudi 12 février 2026, devra trancher entre la nécessité d'une "peine exemplaire" réclamée par la famille et l'adaptation de la sanction à la minorité de l'assassin.
Une chose est certaine : cette affaire restera comme le symbole d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel du narcotrafic.

C’est un dossier qui donne le vertige, non seulement par sa violence, mais par l’âge de ses protagonistes. Le 10 février 2026 s'est ouvert à Paris un procès historique : celui d’un adolescent de 15 ans, accusé d'avoir froidement abattu un chauffeur VTC à Marseille alors qu'il n'avait que 14 ans. Entre narcotrafic, réseaux sociaux et faillite éducative, voici le récit d'un drame où la réalité dépasse la fiction la plus sombre.
Une nuit d'octobre 2024 : "Au mauvais endroit, au mauvais moment"
Tout commence dans la nuit du 4 octobre 2024, vers 5 heures du matin. Nessim Ramdan, 36 ans, est un père de trois enfants sans aucun lien avec le grand banditisme. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il cumule plusieurs emplois, dont celui de chauffeur pour la plateforme Bolt.
Cette nuit-là, il accepte une course qui semble ordinaire. Son passager ? Un adolescent de 14 ans. Mais ce n'est pas un client comme les autres.
Le jeune garçon a été recruté sur Snapchat par un détenu de la prison d'Aix-Luynes se revendiquant de la DZ Mafia.

La mission est terrifiante : exécuter un membre d'un clan rival pour venger la mort d'un autre mineur de 15 ans, poignardé 50 fois et brûlé vif quelques jours plus tôt. Pour ce "contrat", on a promis 30 000 euros à l'adolescent.
Le trajet vire au cauchemar. À bord du véhicule, un différend éclate. Le mineur demande plusieurs arrêts, ce que Nessim Ramdan refuse, pressentant peut-être le danger. Dans un geste d'une froideur inouïe, l'adolescent sort un Magnum 357 et tire une balle dans la tête (ou la nuque) du chauffeur. La voiture finit sa course contre le mur d'une école maternelle.


Une trahison venue de la prison
L'épilogue de cette nuit-là est presque surréaliste. Le commanditaire, furieux que le tueur se soit "trompé de cible" et n'ait pas rempli sa mission initiale, appelle lui-même la police depuis sa cellule pour dénoncer le jeune garçon et livrer sa position. Un acte illustrant un "sentiment d'impunité absolue" selon les observateurs.

Un profil psychologique qui glace le sang
Au cours de l'audience, le parcours de l'accusé a été disséqué. Placé en foyer dès l'âge de 9 ans, il est l'enfant de deux parents eux-mêmes impliqués dans des affaires de stupéfiants, de proxénétisme et de violence. Dès le début de l'année 2024, il confiait déjà à ses éducateurs son ambition macabre : « Je veux devenir tueur à gages ».
Pourtant, sa défense dépeint un autre visage. Son avocate, Me Eva Bensousan, insiste sur le fait qu'il reste un enfant, affirmant qu'il a évolué positivement en un an et demi de détention et qu'il commence à prendre conscience de l'horreur de son geste.

Le Procès : Entre justice et débat de société
Le procès se tient à huis clos devant le tribunal pour enfants de Paris.
C'est une affaire de première importance, car elle est la première gérée par le nouveau Parquet National Anti-Criminalité Organisée (PNACO), créé en janvier 2026 pour lutter contre la "mexicanisation" de la criminalité en France.

L'enjeu juridique majeur réside dans l'excuse de minorité. En raison de son âge au moment des faits (14 ans), l'accusé ne peut pas être condamné à la perpétuité. Il risque une peine maximale de 20 ans de réclusion. Cette disposition légale suscite une vive polémique politique, des personnalités comme Gérald Darmanin ou des membres du Rassemblement National plaidant pour sa suppression ou son abaissement dans les cas d'ultraviolence.
L'ombre d'une famille brisée
Derrière les débats juridiques, il y a la douleur de Mélanie, la veuve de Nessim. Elle décrit un homme qui a passé sa vie à protéger ses enfants de la violence marseillaise, pour finalement en devenir la victime. « Je suis terrorisée à l’idée du jour où ils comprendront réellement que leur père a été tué par un enfant à peine plus âgé qu’eux », a-t-elle confié, dévastée. Pour elle, aucune explication ne pourra jamais donner de sens à cet acte absurde.

Le verdict, attendu pour le jeudi 12 février 2026, devra trancher entre la nécessité d'une "peine exemplaire" réclamée par la famille et l'adaptation de la sanction à la minorité de l'assassin.
Une chose est certaine : cette affaire restera comme le symbole d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel du narcotrafic.
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