Vous consultez :
Info Freenow/Lyft décélère, pendant que Uber, ce grand frère réussit tout !! le marché boursier s'inquiète...


Info Freenow/Lyft décélère, pendant que Uber, ce grand frère réussit tout !! le marché boursier s'inquiète...


AZF

La passion du VTC
PREMIUM
MODO
VTC
14 Décembre 2016
6 968
7 221
Localité
Paris
Véhicule
Toyota Prius 4
Lyft dans la tourmente : quand les robotaxis et la météo s’en mêlent
La plateforme américaine de VTC traverse une zone de fortes turbulences. Entre résultats décevants, concurrence des véhicules autonomes et tempête hivernale, l’action a perdu près de 15% en une seule journée.

Vous êtes déjà monté dans une voiture dont le conducteur ralentit pile au moment où vous êtes en retard ? C’est un peu la sensation que vivent les investisseurs de Lyft en ce moment.

La plateforme californienne, concurrente malheureuse d’Uber, vient de publier ses résultats trimestriels. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le tableau est contrasté. D’un côté, des chiffres encourageants sur la rentabilité. De l’autre, une croissance qui patine sérieusement. Résultat : le titre a dévissé de près de 15% à l’ouverture, et jusqu’à 17% dans les échanges avant Bourse.

Pourquoi ça coince ?
Le cœur du problème ? Les réservations brutes – comprenez, la valeur totale des trajets avant de payer les chauffeurs – n’ont augmenté que de 19% sur le dernier trimestre. C’est bien, mais pas assez bien. Surtout quand on regarde le nombre de courses : +11% seulement, du jamais-vu depuis deux ans.

À côté, le chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars est inférieur de 200 millions aux attentes des analystes. Pas idéal quand vous essayez de rassurer des marchés qui doutent déjà.

La météo, bouc émissaire idéal ?
Lyft invoque des excuses… météorologiques. La tempête hivernale Fern a paralysé une bonne partie de la côte Est en janvier. Moins de déplacements, moins de commandes, logique. Sauf que derrière cette excuse climatique se cache une inquiétude plus profonde.

« Il est frappant de constater que ce ralentissement intervient alors que les vents contraires structurels s’intensifient », glisse un analyste de Canaccord Genuity.

Traduction : les robotaxis, ces taxis sans chauffeur qui fleurissent à San Francisco, Phoenix ou Los Angeles, commencent sérieusement à grignoter des parts de marché. Et Lyft, qui n’a pas encore de flotte autonome digne de ce nom, regarde passer les trains… ou plutôt les voitures sans conducteur.

Un milliard de dollars pour se rassurer
Pour calmer le jeu, le conseil d’administration a sorti le grand jeu : un programme de rachat d’actions d’un milliard de dollars. Une manière élégante de dire « on croit encore en nous ».

Mais le geste n’a pas suffi à masquer une autre mauvaise surprise : Lyft a annoncé une perte d’exploitation de 188 millions de dollars pour l’ensemble de 2025. Les analystes espéraient un bénéfice. C’est raté.

Uber, ce grand frère qui réussit tout
Le contraste avec Uber est cruel. Le rival, introduit en Bourse la même année (2019), a vu son action grimper de 71% depuis ses débuts. Pendant ce temps, celle de Lyft a fondu de 83%.

Uber gagne de l’argent plus vite, diversifie ses activités (livraison, fret, etc.) et capitalise déjà sur les véhicules autonomes via des partenariats. Lyft, lui, reste avant tout une appli pour appeler un taxi. Et quand on ne grandit plus que de 11% sur un marché où la voiture sans chauffeur progresse de 100%, ça interroge.

Tout n’est pas noir heureusement
Rassurons-nous quand même : le quatrième trimestre a été le plus rentable de l’histoire de Lyft. Le bénéfice opérationnel ajusté grimpe de 37%, à 154 millions. Les partenariats – notamment avec le livreur DoorDash – représentent désormais un quart des courses. Et l’expansion en Europe, couplée à une offre de véhicules haut de gamme, commence à porter ses fruits.

Mais la confiance est fragile. Cinq courtiers ont déjà revu à la baisse leur objectif de cours. Sur 49 analystes, seulement 14 recommandent d’acheter l’action. Les autres préfèrent attendre de voir.

Et maintenant ?
Lyft vise un bénéfice ajusté d’un milliard de dollars en 2027. Un objectif ambitieux quand on vient d’enregistrer une perte et que la concurrence s’intensifie.

En attendant, la société mise sur les intempéries et les hausses de tarifs pour tenir le choc. Mais dans la Silicon Valley, on sait que l’innovation ne se met jamais en pause. Et que les tempêtes – météorologiques ou concurrentielles – finissent toujours par laisser place à d’autres défis.

Pour Lyft, l’heure est au brouillard. Avec, peut-être, une éclaircie à l’horizon 2027.
 


SPONSORS

Podcast

Partenaires

Membres en ligne