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Anatomie d'une catastrophe industrielle et sociale annoncée pour le taxi français


Anatomie d'une catastrophe industrielle et sociale annoncée pour le taxi français


pedro92

Le vtc n'est pas une œuvre sociale.....
VTC
4 Août 2015
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5 413
Localité
Marseille
Je vous invite à lire cette analyse assez bien faite sur l'arrivée des véhicules autonomes.

L'auteur parle essentiellement du taxi, mais le VTC sera forcément et avant même le taxi impacté.

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Note de synthèse
Le secteur du transport public particulier de personnes (T3P) en France, et plus spécifiquement la profession historique du taxi, se trouve aujourd'hui au bord d'un précipice économique et social dont la profondeur reste largement sous-estimée par les acteurs concernés. Alors que la technologie des véhicules autonomes (robotaxis) atteint une maturité industrielle critique aux États-Unis et en Chine, avec une arrivée programmée en Europe à l'horizon 2026-2030, l'écosystème français du taxi demeure figé dans une inertie stratégique alarmante. Ce rapport démontre, par une analyse croisée des fondamentaux économiques de la licence (Autorisation de Stationnement - ADS), des avancées technologiques disruptives et de la sociologie de la profession, que nous nous dirigeons vers une destruction de valeur patrimoniale massive estimée à plus de 7 milliards d'euros et une crise de l'emploi touchant directement 100 000 actifs.

La thèse centrale de cette étude est que la valeur de la licence de taxi, actif immatériel dont le prix oscille encore entre 100 000 € et 300 000 € selon les villes françaises, est destinée à converger vers zéro euro à court terme. Cette dévaluation brutale ne sera pas le fruit d'une décision politique d'expropriation, mais la conséquence mécanique de l'obsolescence économique face à une offre de transport automatisée au coût marginal quasi-nul. Face à ce tsunami, le silence des syndicats, focalisés sur des combats d'arrière-garde, et l'aveuglement des pouvoirs publics, constituent une faute systémique qui transformera une rupture technologique inéluctable en tragédie sociale.

Partie I : L'économie politique de la licence - Un actif toxique en sursis
Pour saisir la violence du choc à venir, il est indispensable de déconstruire le mécanisme économique sur lequel repose la profession de taxi en France. Ce n'est pas un métier de service classique, mais une activité de rente construite sur la rareté artificielle, matérialisée par la licence ou ADS (Autorisation de Stationnement).

1.1 La formation historique d'une bulle spéculative
L'Autorisation de Stationnement est, à l'origine, un acte administratif délivré gratuitement par le maire (ou le Préfet de Police à Paris) permettant l'exercice de la profession. Cependant, le contingentement strict du nombre de licences (le numerus clausus) face à une demande de transport croissante au cours du XXe siècle a créé une valeur de marché sur le marché secondaire.1 Ce droit de présentation du successeur, consacré par la loi de 1995 puis aménagé par la loi Thévenoud de 2014, a transformé un droit d'exercer en un actif financier pur.

L'analyse de l'évolution des prix sur les trente dernières années révèle une déconnexion progressive entre la valeur économique réelle du service rendu et le prix de l'actif. À Paris, le prix de la licence a connu une ascension vertigineuse, passant de l'équivalent de quelques dizaines de milliers d'euros dans les années 1990 à un pic de près de 240 000 € au début des années 2010, avant l'arrivée massive des VTC.2 Ce phénomène de bulle a été alimenté par des taux d'intérêt bas et par la garantie implicite de l'État que le monopole de la maraude serait préservé.

1.1.1 État des lieux de la valorisation en 2025
Contrairement aux idées reçues, la concurrence des VTC (Uber, Bolt, Heetch) n'a pas détruit la valeur de la licence, elle l'a seulement corrigée. En 2024 et 2025, les transactions observées montrent une résistance surprenante des prix, signe d'une croyance persistante des acteurs en la pérennité du système.

Les données collectées permettent d'établir une cartographie précise de la valeur "à risque" :

Contenu de l’article

Source des données : #3
Ces montants représentent souvent l'investissement d'une vie. Pour un artisan taxi niçois, la licence à 300 000 € 3 est l'équivalent d'un bien immobilier. Elle est financée par un crédit bancaire sur 7 à 10 ans, avec des mensualités écrasantes qui obligent à une exploitation intensive du véhicule (10 à 12 heures par jour). La "rentabilité" du taxi ne tient aujourd'hui que par l'espoir de revendre cet actif à la fin de sa carrière. C'est un système de type Ponzi : les nouveaux entrants paient la retraite des sortants. Si la chaîne s'interrompt parce que le dernier acheteur réalise que l'actif ne vaut rien, tout le système s'effondre.

1.2 La fragilité structurelle face à la rupture technologique
Le modèle économique du taxi français repose sur trois piliers de protection qui sont en train de s'effriter simultanément, bien que la profession refuse de le voir :



  1. Le monopole de la maraude : Historiquement, seul le taxi pouvait prendre un client dans la rue sans réservation. Avec la généralisation des smartphones, la "maraude électronique" (réserver un Uber qui arrive en 3 minutes) a rendu ce privilège obsolète pour une grande partie de la clientèle urbaine. Le monopole physique subsiste (stations, aéroports), mais il est menacé par l'efficacité logistique des plateformes.7
  2. La régulation du nombre (Numerus Clausus) : La rareté des taxis maintenait les prix élevés. Les VTC ont brisé ce verrou en inondant le marché (plus de 47 000 VTC actifs rien qu'en France métropolitaine, dont une majorité en Île-de-France).8 Le robotaxi, qui est par définition un VTC sans chauffeur, fera exploser définitivement cette digue numérique. Il n'y aura aucune limite au nombre de robotaxis déployés par des géants comme Tesla ou Alphabet, si ce n'est la capacité d'absorption de la voirie.
  3. Le subventionnement indirect (CPAM) : Une part colossale du revenu des taxis, particulièrement en zone rurale et dans les villes moyennes, provient du Transport Assis Professionnalisé (TAP). En 2024, les dépenses de transport sanitaire ont atteint 3,1 milliards d'euros, une explosion jugée insoutenable par l'Assurance Maladie.9 Les taxis sont devenus "addicts" à cette manne publique. Or, le robotaxi représente pour l'État et la Sécurité Sociale l'opportunité ultime de réduire cette facture : un véhicule autonome coûte moins cher et ne facture pas d'heures d'attente humaines.


L'actif "licence" est donc valorisé comme si ces protections étaient éternelles, alors qu'elles sont toutes sous tension extrême. La dissonance cognitive est totale : on achète aujourd'hui 160 000 € le droit d'exercer un métier dont les fondations sont vermoulues.

Partie II : Le tsunami technologique - Pourquoi le remplacement est inéluctable
L'analyse prospective ne doit pas se baser sur le scepticisme ambiant européen, mais sur la réalité industrielle observée aux États-Unis et en Chine. Le robotaxi n'est pas un projet de recherche ; c'est un produit commercial en cours de déploiement, dont les caractéristiques économiques rendent la compétition humaine impossible.

2.1 Létat de l'art industriel en 2025 : Le futur est déjà là
Alors que la France débat encore de la place des trottinettes, les leaders mondiaux de la technologie autonome ont franchi le cap de l'industrialisation.



  • Waymo (Alphabet/Google) : La filiale de Google opère désormais des services commerciaux entièrement sans chauffeur (niveau 4) dans plusieurs métropoles américaines (Phoenix, San Francisco, Los Angeles, Austin). Les données de sécurité sont sans appel : sur plus de 11 millions de kilomètres parcourus sans conducteur, Waymo affiche un taux d'accidentologie et de dommages corporels 7 fois inférieur à celui des conducteurs humains.10 La fiabilité technique est acquise. L'expansion internationale est lancée, avec des tests prévus à Londres dès 2026.12
  • Tesla (Cybercab et FSD) : L'approche de Tesla est différente mais potentiellement plus disruptive par sa scalabilité. En s'appuyant sur la vision par caméra et les réseaux neuronaux (end-to-end AI) plutôt que sur des capteurs LiDAR coûteux et des cartes HD, Tesla vise un déploiement mondial rapide. Elon Musk a annoncé l'arrivée du FSD (Full Self-Driving) supervisé en Europe pour 2026, sous réserve d'approbation réglementaire.13 Le "Cybercab", dévoilé comme un véhicule sans volant ni pédales, vise un coût de production extrêmement bas, permettant de saturer le marché.
  • L'offensive chinoise (Apollo Go, Pony.ai) : En Chine, le déploiement est encore plus agressif. Apollo Go (Baidu) opère des milliers de robotaxis. À Wuhan ou Pékin, le service est banalisé. Les constructeurs chinois intègrent nativement ces technologies et préparent leur exportation vers l'Europe, menaçant non seulement les taxis mais aussi l'industrie automobile européenne traditionnelle.10


2.2 L'équation économique fatale : Le coût marginal zéro
Le cœur de la catastrophe pour les taxis n'est pas technologique, il est économique. Le modèle d'affaires du transport avec chauffeur comporte une rigidité structurelle : le coût humain.

Dans une course de taxi facturée 20 €, environ 10 € à 12 € servent à rémunérer le temps de travail du chauffeur (revenu net + charges sociales). Les 8 € à 10 € restants couvrent le véhicule, le carburant, l'assurance et la licence.

Le robotaxi supprime totalement le premier poste.

Les projections économiques les plus sérieuses pour 2026-2028 dessinent un écart de prix insurmontable :

Contenu de l’article

Sources de données : #10
Face à un concurrent proposant un service plus sûr, disponible immédiatement, et 3 à 5 fois moins cher, la demande pour le taxi traditionnel va s'effondrer. L'élasticité-prix de la demande de transport est forte : si le prix baisse drastiquement, les usagers abandonnent leur voiture personnelle et les transports en commun saturés pour le robotaxi, mais ils ne reviennent pas au taxi cher.

Le taxi "humain" ne pourra survivre que sur des niches ultra-spécifiques (luxe, accompagnement très médicalisé), représentant peut-être 5% du marché actuel. Pour les 95% restants (trajets domicile-travail, aéroports, gares, sorties nocturnes), la messe est dite.

2.3 Le mythe de la protection réglementaire européenne
L'espoir des taxis français repose souvent sur l'idée que "l'Europe ne laissera pas faire". C'est une erreur d'analyse géopolitique et juridique.

L'Europe est engagée dans une course à la compétitivité. Bloquer l'automatisation des transports reviendrait à saboter sa propre économie logistique face aux États-Unis et à la Chine.

De plus, la brèche est déjà ouverte. Tesla et d'autres constructeurs utilisent la voie de l'homologation nationale aux Pays-Bas (via l'autorité RDW) pour contourner les lenteurs administratives.13 Une fois un véhicule homologué dans un pays membre de l'UE, le principe de libre circulation des biens permet sa commercialisation dans toute l'Union. La France ne pourra pas ériger de ligne Maginot réglementaire contre des véhicules validés par ses voisins, sauf à violer les traités européens.

Le calendrier s'accélère : les premiers déploiements commerciaux sont attendus en Europe dès 2026 (Londres, Munich) et suivront rapidement en France à l'horizon 2027-2028.12

Partie III : L'inaction coupable et la faillite des corps Intermédiaires
Face à cette menace existentielle, la réaction de l'écosystème français (syndicats, État, leaders du marché) s'apparente à une paralysie cognitive collective. L'analyse des discours et des actions menées en 2024 et 2025 montre une focalisation obsessionnelle sur le passé, au détriment de toute préparation de l'avenir.

3.1 Les syndicats de taxis : Le combat de la dernière guerre
Les organisations syndicales représentatives (FNAT, CGT Taxis, UNT, FNDT) excellent dans le rapport de force traditionnel avec l'État, mais échouent totalement à anticiper la rupture.

L'examen de leurs revendications et communiqués récents 18 montre que l'énergie syndicale est absorbée par deux fronts obsolètes :



  1. La guerre des tarifs CPAM : La mobilisation majeure de 2024-2025 concerne la renégociation de la convention avec l'Assurance Maladie. Les syndicats se battent contre la "tarification forfaitaire" et les remises exigées par la Sécurité Sociale.9 C'est une lutte de survie à court terme, certes légitime, mais qui occulte le fait que leur client principal (l'État via la CPAM) a un intérêt financier direct à les remplacer par des robots dès que possible.
  2. L'obsession anti-Uber : Dix ans après l'arrivée d'Uber, les syndicats continuent de réclamer plus de contrôles, l'interdiction de la maraude électronique pour les VTC et des sanctions accrues.20 Ils ne voient pas qu'Uber n'est plus leur véritable ennemi, mais un compagnon d'infortune. Uber pivote lui-même vers le modèle de plateforme pour robotaxis (partenariats avec Waymo) pour éliminer ses propres chauffeurs humains. En combattant les chauffeurs VTC, les taxis combattent des fantômes pendant que la machine s'installe.


Il n'y a aucune trace, dans la littérature syndicale actuelle, d'une demande de création d'un fonds de transition, d'un rachat anticipé des licences avant effondrement, ou d'un plan de reconversion massif. Le déni est total. Le discours dominant reste celui de l'insubstituabilité de l'humain : "Un robot ne portera pas les valises de la grand-mère". C'est ignorer que pour 10 € le trajet au lieu de 50 €, la grand-mère (ou sa famille) trouvera une solution pour ses valises.

3.2 L'État et les pouvoirs publics : une stratégie de l'autruche
L'État porte une responsabilité lourde dans la formation de la bulle et dans son éclatement futur.



  • Absence de vision industrielle individuelle : La stratégie nationale française pour le véhicule autonome, pilotée par France Stratégie et le Ministère des Transports, est focalisée sur les "navettes collectives" et le transport public. Il y a un biais idéologique fort qui refuse d'envisager le succès du "robotaxi individuel" (modèle américain), préférant rêver à des minibus autonomes que personne ne veut vraiment prendre. Ce pari industriel risque de laisser la France sans acteur national (Renault et Stellantis ayant ralenti sur le niveau 4) face aux géants étrangers.
  • Gestion de la bombe sociale : L'État sait que la licence est un actif toxique. Organiser sa dévalorisation officielle (en annonçant la fin du monopole ou l'arrivée des robots) déclencherait une fronde sociale immédiate type "Gilets Jaunes". La stratégie semble donc être de laisser pourrir la situation jusqu'à ce que le marché impose sa loi, transférant ainsi la responsabilité de la faillite sur la "mondialisation" ou la "technologie". Aucune provision n'est faite dans les comptes publics pour indemniser une expropriation de fait qui se chiffrera en milliards.


3.3 La stratégie de G7 : L'optimisation du Titanic
Le leader incontesté du taxi parisien, G7 (Groupe Rousselet), mène une stratégie d'excellence opérationnelle remarquable, mais qui reste enfermée dans le paradigme humain.

Nicolas Rousselet et ses équipes ont réussi à redresser l'image du taxi parisien (G7 Green, qualité de service, application performante) pour reconquérir des parts de marché sur Uber.23 Cependant, cette stratégie de "premiumisation" (marges élevées, service haut de gamme) positionne G7 sur un segment de marché qui va se réduire comme peau de chagrin face au low-cost du robotaxi.

G7 investit massivement dans l'IA 25, mais uniquement comme outil d'aide à la décision pour des chauffeurs humains ou des téléopérateurs. Le groupe parie implicitement sur le fait que la complexité de Paris protégera le marché pour encore 15 ou 20 ans. C'est un pari existentiel. Si la technologie arrive plus tôt, G7 disposera d'une marque forte mais d'une flotte obsolète et hors de prix.

Partie IV : Quantification du désastre - Les milliards effacés
Il est impératif de chiffrer précisément ce que représente l'effondrement de la valeur des licences. Ce n'est pas de l'argent virtuel, c'est l'épargne réelle de dizaines de milliers de ménages français et l'encours de crédit de grandes banques françaises.

4.1 Calcul de la destruction de valeur patrimoniale
Pour estimer la perte sèche, nous devons modéliser le stock de licences cessibles en France et leur valorisation moyenne actuelle.

Environ 50% à 60% des licences en circulation sont des licences "cessibles" (délivrées avant 2014). Les nouvelles licences (post-2014) sont incessibles et n'ont pas de valeur marchande (mais leur perte représente une perte de revenu futur).

Hypothèses de calcul :



  • Nombre de taxis en France : Environ 60 000 à 65 000.8
  • Part des licences cessibles : Estimation conservatrice à 35 000 licences (le stock diminue lentement).


Valorisation moyenne pondérée :



  • Paris (15 000 licences cessibles estimées) x 160 000 € = 2,4 Milliards €.
  • Grandes villes (Nice, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse - env. 5 000 licences) x 180 000 € (moyenne pondérée par les prix très élevés du Sud) = 0,9 Milliard €.
  • Reste de la France (15 000 licences) x 50 000 € = 0,75 Milliard €.


Total de la capitalisation boursière "fantôme" des licences de taxi :

Entre 4,05 Milliards € et 5,5 Milliards €.

Si l'on ajoute à cela la dette associée aux véhicules (souvent des berlines haut de gamme à 50 000 €) et les fonds de commerce annexes, le montant des actifs menacés de dépréciation totale dépasse les 7 Milliards d'Euros.

4.2 Le scénario du crash : De 125 000 € à 0 €
Comment le prix passe-t-il de 125k€ (ou 160k€ à Paris) à 0 €?

Le mécanisme est celui d'un bank run (panique bancaire).



  1. Phase 1 (Le Déni) : Les robotaxis arrivent (2026). Les taxis disent "ça ne marchera pas". Les prix tiennent.
  2. Phase 2 (La Chute des Revenus) : Les clients délaissent les taxis. Le chiffre d'affaires mensuel des artisans chute de 30%, puis 50%. Ils ne peuvent plus payer leurs crédits.
  3. Phase 3 (La Panique) : Les artisans tentent de vendre leur licence pour solder leur crédit et quitter le métier.
  4. Phase 4 (L'Absence d'Acheteurs) : Personne ne veut acheter une licence pour un métier qui ne rapporte plus rien et qui est concurrencé par des robots moins chers. Il n'y a plus d'acheteurs à 100k€, ni à 50k€, ni à 10k€.
  5. Phase 5 (La Valeur Nulle) : La licence devient invendable. Sa valeur comptable tombe à 0 €. L'artisan reste avec sa dette bancaire sur les bras.


C'est exactement ce qui s'est passé à New York avec les "Medallions", dont la valeur est passée de 1,3 million de dollars à moins de 100 000 dollars suite à l'arrivée d'Uber. Avec le robotaxi, la chute ira jusqu'à zéro, car il n'y aura même plus de revenu de subsistance possible.

Partie V : L'Impact social - 100 000 personnes au chômage inemployable
La catastrophe financière se double d'une tragédie humaine.

5.1 Volume de l'emploi menacé
Le secteur T3P (Taxis + VTC) représente environ 100 000 emplois directs en France.



  • ~60 000 Taxis.
  • ~40 000 à 50 000 chauffeurs VTC (Uber, Bolt, etc.).8


L'arrivée du robotaxi menace l'intégralité de ces emplois. Contrairement à l'automatisation industrielle qui remplace des tâches, le robotaxi remplace le métier tout entier. Si le robotaxi capte 80% du marché (ce qui est probable vu les prix), ce sont 80 000 personnes qui se retrouveront sans activité quasi-simultanément.

5.2 Sociologie du désastre
L'impact sera concentré sur des populations fragiles.



  • Ascenseur social en panne : Le métier de chauffeur (Taxi et VTC) est historiquement une porte d'entrée majeure sur le marché du travail pour les populations issues de l'immigration ou des quartiers prioritaires, souvent discriminées ailleurs.29 Pour beaucoup, acheter une licence ou devenir VTC était le moyen d'accéder à la classe moyenne et à l'indépendance.
  • Surendettement : Contrairement à un salarié licencié qui part avec ses indemnités, l'artisan taxi part avec ses dettes. La faillite de l'activité entraînera des saisies personnelles (maisons, biens propres) pour ceux qui se sont portés caution de leur prêt "licence".
  • Inemployabilité : La reconversion de 100 000 chauffeurs dont la compétence principale est la conduite (compétence devenue inutile) est un défi majeur. Le marché du travail n'a pas la capacité d'absorber un tel flux de main-d'œuvre peu qualifiée en un temps si court.


Partie VI : Cadre juridique - Pourquoi la loi ne protégera personne
Il est crucial de démonter l'argument selon lequel "l'État interdira les robotaxis pour sauver les emplois".

La jurisprudence administrative française est constante : l'État n'est pas responsable de la perte de valeur d'un fonds de commerce due à des évolutions technologiques ou concurrentielles, tant qu'il n'a pas promis explicitement une protection éternelle (ce qu'il n'a pas fait).

Les décisions récentes concernant les taxis face aux VTC ont confirmé que le "préjudice" de perte de valeur de la licence n'est pas indemnisable par la puissance publique.31

De plus, le droit européen de la concurrence et la libre circulation des services empêcheront la France d'interdire durablement des opérateurs de robotaxis légaux dans d'autres pays de l'UE. Si Tesla est autorisé aux Pays-Bas ou Waymo en Allemagne, la France devra suivre ou payer des astreintes colossales, tout en privant ses citoyens d'un transport moins cher et plus sûr. L'argument de la sécurité routière (les robots tuent moins que les humains) sera l'argument massue politique pour justifier l'ouverture du marché.

Conclusion : L'Urgence d'une défaisance (Bad Bank)
La profession de taxi fonce vers le mur à pleine vitesse, les yeux rivés sur le rétroviseur.

Le scénario décrit dans ce rapport – effondrement de la valeur des licences de plusieurs milliards, faillite de milliers d'artisans, crise sociale majeure – n'est pas une fiction pessimiste, c'est la projection rationnelle des tendances technologiques et économiques actuelles.

Les "milliards effacés" (estimés ici entre 4 et 7 milliards d'euros) et les 100 000 personnes au chômage seront le coût de l'inaction actuelle.

Il est urgent que les syndicats cessent de nier la réalité et entament des négociations non pas sur le prix de la course CPAM de 2025, mais sur les conditions de sortie du métier. Une solution possible serait la création immédiate d'une "Caisse de Défaisance" (Bad Bank), financée par une taxe sur les futurs kilomètres de robotaxis, qui permettrait de racheter les licences actuelles à une valeur décotée mais garantie, avant qu'elles ne valent zéro. Sans ce mécanisme proactif, la fin du taxi français ne sera pas une transition, mais une liquidation judiciaire violente et désordonnée.

Sources des citations


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  3. Combien coûte une licence de taxi ? Guide complet pour 2026 - 2PJ Formation, consulté le janvier 3, 2026, Combien coûte une licence de taxi en 2026 ?
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  5. COURS DE LA LICENCE - CTT - La Compagnie de Taxi, consulté le janvier 3, 2026, COURS DE LA LICENCE - CTT - La Compagnie de Taxi
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  9. Le débat économique : "Réforme du transport sanitaire, la colère est-elle justifiée ?", consulté le janvier 3, 2026,
  10. Les robotaxis chinois sont-ils l'avenir de la mobilité ? | Haut ..., consulté le janvier 3, 2026, Les robotaxis chinois sont-ils l'avenir de la mobilité ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
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  17. Europe Pushes Back on Tesla's FSD Approval Timeline – EVDANCE, consulté le janvier 3, 2026, Europe Pushes Back on Tesla’s FSD Approval Timeline
  18. Comunique presse - FNAT-FNDT - taxis conventionnes du 29 vévrier 2024, consulté le janvier 3, 2026, Comunique presse - FNAT-FNDT - taxis conventionnes du 29 vévrier 2024 - FNDT
  19. Communiqué FNST CGT et CGT Taxis, consulté le janvier 3, 2026, https://cgt-taxis.fr/communique-fnst-cgt-et-cgt-taxis/
  20. Khalid Essa: Taxi driver, a profession in danger? [LIVE] - YouTube, consulté le janvier 3, 2026,
  21. Les chauffeurs de taxi manifestent contre la tarification forfaitaire - CGT, consulté le janvier 3, 2026, https://www.cgt.fr/actualites/les-chauffeurs-de-taxi-manifestent-contre-la-tarification-forfaitaire
  22. Le véhicule autonome : quel rôle dans la transition écologique des mobilités ?, consulté le janvier 3, 2026, https://www.lafabriqueecologique.fr...-Fabrique-Ecologique-Forum-Vies-Mobiles-1.pdf
  23. INNOVATION & ENTREPRENEURSHIP - Groupe Rousselet, consulté le janvier 3, 2026, https://grouperousselet.com/uploads/media/66a8bee0b9197_ra-2024-groupe-rousselet-en.pdf
  24. VTC Versus Taxi en France : Le Duel qu'on Avait Tort de Simplifier - Mag Startup, consulté le janvier 3, 2026, https://www.magstartup.com/vtc-versus-taxi-en-france/
  25. G7 déploie son chatbot d'IA générative pour apporter des réponses immédiates aux questions clients, consulté le janvier 3, 2026, https://www.g7.fr/uploads/files/g7-launches-ai-chatbot.pdf
  26. Viva Tech 2025 : les taxis G7 s'engagent résolument dans l'intelligence artificielle, consulté le janvier 3, 2026, https://www.larevuedudigital.com/vi...t-resolument-dans-lintelligence-artificielle/
  27. Taxi en France - Wikipédia, consulté le janvier 3, 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_en_France
  28. Les taxis et VTC : - Rapport 2024 de l'Observatoire national des transports publics particuliers de personnes - L'ARPE, consulté le janvier 3, 2026, https://www.arpe.gouv.fr/wp-content/uploads/2024/03/etudes_2_taxi_vtc_mars2024.pdf
  29. travailleur·euse·s de plateforme : le cas des chauffeurs de vtc et des livreurs en - CFDT, consulté le janvier 3, 2026, https://www.cfdt.fr/upload/media-library/2024/09/02/df74a7f6-8201-4cc8-b600-ce1b658c79c8.pdf
  30. Résoudre le problème des taxis à Paris - Fondation IFRAP, consulté le janvier 3, 2026, https://www.ifrap.org/resoudre-le-probleme-des-taxis-paris
  31. Lettre du tribunal administratif de Paris, consulté le janvier 3, 2026, https://paris.tribunal-administratif.fr/Media/mediatheque-ta-paris/import/lettre-n-54
  32. Taxis vs Uber : la course à l'indemnisation se poursuit devant la Cour de cassation., consulté le janvier 3, 2026, https://www.village-justice.com/art...ion-poursuit-devant-cour-cassation,50867.html
 


Heisenberg

Zoneur Averti
VTC
BOLT
HEETCH
31 Janvier 2017
1 559
2 561
Localité
Paris
Véhicule
Toyota RAV4 IV
La personne qui a écrit ça, sans doute assistée par une IA vu la façon de rédiger, a un profil moitié geek, moitié business. Il ne va donc pas dire le contraire.
Il va falloir s'attendre à avoir une armée d'oiseaux de mauvaise augure rédiger ce genre de texte, soit pour se mettre en avant (linkein sert beaucoup à ça), soit en étant rémunéré pour cela. Et je ne parle pas des IA qui rédigeront les articles en question et qui remplaceront les individus en question bien avant nous, si c'est pas déjà le cas.

Faut il vraiment relayer ce genre de contenu?

On a vu par ailleurs que Waymo, qui est archi-déficitaire, est déjà plus cher que Uber et Lyft qui sont profitables avec des chauffeurs humains aux US, alors que "l'article" en question dit le contraire. Il aurait déjà été sain de partir des données existantes connues pour prédire l'avenir, me semble t'il. On ne voit pas très bien comment s'expliquent les coûts inférieurs des robots-taxi, compte tenu des frais actuels de R&D, d'infrastructure (data-centers) et des véhicules électriques bardés de capteurs.

On verra bien ce que l'avenir nous réserve, mais mon expérience personnelle de l'informatique est que celle-ci, même boostée par les nouveaux algorithmes IA qui sont bluffants, aura toujours du mal à gérer les environements difficiles à modéliser. Ce qui explique les retards accumulés par Tesla par rapport aux annonces initiales.
Je suis d'ailleurs étonné que les premières courses aéroports aux US ne se fassent que maintenant alors que, intuitivement, cela me semblait le plus facile à faire avec les trajets autoroutiers, par rapport à des trajets urbains. Et urbain aux US ou en Chine, c'est pas urbain dans la vieille Europe. J'observe que la première ville test en Europe et Munich qui a été détruite pendant la guerre et où tout a été reconstruit avec des routes bien propres et bien larges.
Quant à Paris, je pense que je serai déjà à la retraite depuis longtemps avant qu'un robot-taxi n'ait réussi à arriver à l'heure sur un Gare du Nord -> Dépose minute départs du T2E en heures de pointe (cas extrème je vous l'accorde).
 
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dm driver

Zoneur Reconnu
VTC
BOLT
UBER
HEETCH
23 Décembre 2017
747
767
Localité
Cote d'Azur
Véhicule
Toyota C-HR
On a droit chaque semaine à des émissions qui nous présente la catastrophe en cours avec l'évolution de l'IA et sa potentielle destruction massive d'emplois dans les années à venir. Le pendant dans les métiers du T3P est le taxi autonome.

Philippe Aghion prix Nobel d'économie français a théorisé le concept de « destruction créatrice » : chaque révolution technologique majeure détruit certains emplois et activités, mais finit par en créer de nouveaux, parfois même davantage, via l’innovation, la hausse de productivité et l’apparition de métiers nouveaux.

Je n'ai pas de trop grandes inquiétudes pour les dix prochaines années, connaissant l'évolution des "mœurs" de notre pays.

Notre métier s'adaptera, il n'aura pas le choix.

J'aurai quand même un bémol avec l'analyse que pedro92 @pedro92 nous a envoyé, sur l'aspect revendicatif rétrograde de nos métiers. Il est vrai que je n'ai pas sur le dos une licence à 180.000€ (ou 450.000€ à Nice ou Cannes) à payer.
Ma revendication aujourd'hui c'est de mettre fin à la spoliation des applications sur le niveau de commission et du 1€/km garanti.

Ona pas fini d'en parler...
 
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pedro92

Le vtc n'est pas une œuvre sociale.....
VTC
4 Août 2015
3 202
5 413
Localité
Marseille
et pendant ce temps là, à SF....

"
Was in the Bay Area for business recently and noticed one thing immediately: Waymo cars were everywhere.

Waymo is an AI-powered self-driving car that drives without a human driver.
It really hits you that this isn’t a future demo anymore, it’s live deployment. Economically it makes perfect sense too. No drivers, high utilization, software that improves over time, and lower costs across transportation and logistics.

What stood out most was how normal it felt. No hype, just autonomous cars doing their job. That’s usually a sign the future is already here."

Les applications n'ont AUCUNE obligation de travailler avec des chauffeurs, AUCUNE.

Demain, elles ferment, elles ne leur doivent rien. Demain, elles basculent majoritairement en autonome et privilégient LEUR flotte autonome, elles n'ont AUCUNE obligation d'équité. Et aucun tribunal saisi ne pourra les obliger à quoi que ce soit puisque personne n'a jamais obligé un VTC à travailler uniquement pour eux.

Ce n'est pas être un oiseau de mauvaise augure que d'envisager TOUTES les pistes possibles que peut prendre une activité professionnelle.


Parce que si ça n'arrive pas, c'était une extrapolation trop poussée et hasardeuse, mais si ça arrive, l'impact est moins fort, ça faisait partie de l'équation et le coup d'après était envisagé.

Croire en 2026 que les métiers sont figés et intouchables restent une illusion du passé.

Seuls les gens avec des diplômes réglementés peuvent encore y croire ( avocats , notaires, etc...) , mais tous les autres doivent s'attendre à devoir pivoter, de gré ou de force.

Mieux vaut choisir que subir.
 
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Noelino75

Zoneur Vérifié
VTC
UBER
LECAB
7 Mai 2023
190
256
Localité
Paris
Véhicule
Tesla Y
C'est Tesla qui va tout changer entre 2030 et 2035.

N'importe quel particulier pourra s'offrir un véhicule autonome et le mettre à disposition du Public lorsqu'il ne s''en sert pas.


Musk en parle depuis 2020 de cette histoire mais personne ne l'écoute.


Les professions de Taxis et VTC n'auront plus de raison d'être car chaque particulier va laisser utiliser sa voiture pour arrondir ses fins de mois.


Le prix au km sera ridicule, largement en-dessous de 1euro/km. La concurrence sera lapidée et le service sera exceptionnel (Choix de la musique, du film et de la température)


Uber et Lyft vont tomber car ils ont misé sur des partenaires aux véhicules autonomes beaucoup trop chers et donc aux prix publics de courses trop élevés.


Ce n'est pas Uber qui aura notre peau mais Tesla grâce à des millions de véhicules à moins de 30k qui rapportent de l'argent à leur propriétaire.
 
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Heisenberg

Zoneur Averti
VTC
BOLT
HEETCH
31 Janvier 2017
1 559
2 561
Localité
Paris
Véhicule
Toyota RAV4 IV
Je ne sous-estime pas la menace ses véhicules électriques sur notre profession. Je dis simplement qu'une catastrophe industrielle et sociale qui met plusieurs années à se mettre en place n'en est pas vraiment une, car elle laisse le temps de s'adapter.
Sinon la profession d'avocats est déjà une des profession les plus précaires qui soit car elle n'est pas protégée par un numerus clausus et l'IA est une menace beaucoup plus élevée pour les avocats salariés que pour nous, dès maintenant.
Notaire c'est différent car il est bien protégé par un numerus clausus, lui.
 


Shibani

Zoneur Élite
VTC
BOLT
UBER
29 Novembre 2016
2 108
2 590
Localité
Paris
Véhicule
508 180 Gt
Je ne sous-estime pas la menace ses véhicules électriques sur notre profession. Je dis simplement qu'une catastrophe industrielle et sociale qui met plusieurs années à se mettre en place n'en est pas vraiment une, car elle laisse le temps de s'adapter.
Sinon la profession d'avocats est déjà une des profession les plus précaires qui soit car elle n'est pas protégée par un numerus clausus et l'IA est une menace beaucoup plus élevée pour les avocats salariés que pour nous, dès maintenant.
Notaire c'est différent car il est bien protégé par un numerus clausus, lui.
Exactement, chacun aura le temps de préparer sa reconversion.
Étant donné que c’est pas encore pour les années à venir, du moins pas avant 5 / 10 ans, et encore je pencherais pour plus de 10 ans mais bon le monde change tellement vite qu’on est à l’abri de rien.
 


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