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Info AGEN : apres St Tropez conflit entre taxis et chauffeurs VTC attisée par un arrêté municipal


Info AGEN : apres St Tropez conflit entre taxis et chauffeurs VTC attisée par un arrêté municipal


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La passion du VTC
PREMIUM
MODO
VTC
14 Décembre 2016
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7 192
Localité
Paris
Véhicule
Toyota Prius 4
"Ils ont pris nos plaques en photos" : la guerre entre taxis et chauffeurs VTC attisée par un arrêté municipal
Agen, dans le Lot-et-Garonne, un arrêté municipal vient limiter les zones de déplacement autorisées aux chauffeurs VTC pour apaiser les tensions avec les taxis. Mais la cohabitation reste difficile et les VTC se sentent lésés. Ils publient une pétition pour s'opposer à cette nouvelle réglementation.

Quand il s'approche du parvis de la gare d'Agen pour réceptionner ses passagers, Babou* joue"au chat et à la souris" afin d'éviter toute altercation avec les taxis stationnés autour. "Ils bloquent les clients pour les empêcher de monter dans mon véhicule", explique le chauffeur VTC. Depuis plusieurs mois, les tensions montent d'un cran dans la ville lot-et-garonnaise, entre les différents professionnels du transport."On veut éviter toute altercation avec cette minorité de taxis qui salit le métier", insiste Babou.

Tensions grandissantes
Les chauffeurs de taxi voient d'un mauvais œil l'augmentation du nombre de VTC autour de la gare d'Agen, qui "viennent marauder" sans y être autorisés. "Il y a une réglementation, et ils ne la respectent pas", justifie un chauffeur, qui souhaite rester anonyme. Les relations se durcissent, au point de pousser la ville d'Agen à réagir.

Depuis le 12 décembre, un arrêté municipal restreint l'activité des chauffeurs VTC, interdisant leur activité dans des secteurs clés de la ville entre 7 et 22 heures. Parmi eux, la gare d'Agen accueillant chaque année, plus d'1,2 million de voyageurs, mais aussi le Centre des congrès ou l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire.

"On passe de 500 euros de courses par semaine à 50"
Pour Babou, déjà obligé d'attendre la réservation depuis son domicile, cet arrêté municipal qui devrait être officiellement en vigueur en février, réduirait drastiquement ses activités, divisant par dix ses revenus à la semaine. Habituellement, les courses hebdomadaires du chauffeur lui permettent d'obtenir un revenu de 2 000 euros par mois, "juste ce qu'il faut pour payer mes charges mensuelles de 1 200 euros et avoir un petit plus pour vivre à côté". "La semaine dernière, j'ai essayé d'appliquer cet arrêté, j'ai fait que 50 euros dans la semaine", estime-t-il. Avec ce revenu "impossible de payer le véhicule, l'assurance", ni les recharges obligatoires pour sa voiture électrique.

Selon les chauffeurs VTC, nombre d'entre eux seraient "victimes d'intimidations et d'agressions verbales ou physiques de certains taxis", ajoutant que plusieurs plaintes et mains courantes auraient été déposées durant les vacances de Noël. "En interdisant les VTC, la mairie semble récompenser la violence au lieu de protéger le droit au travail", écrivent les professionnels dans une pétition, publiée en ligne.
Au volant de son véhicule qui lui sert aussi pour son usage personnel, Babou, lui, dit parfois ressentir "une boule au ventre" lorsqu'il s'approche du centre-ville. "Ils ont pris nos plaques en photos, dès qu'ils voient le véhicule, ils suivent, raconte-t-il. On pourrait travailler en cohabitant plutôt qu'en nous excluant du centre-ville."
 



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